..........honneur ? »
Voila le type de réflexion que Lisa essuya lors qu'elle entra dans la salle à manger et auquel elle avait droit jour après jour.
Elle s'assit et regarda sa cousine, une merdeuse de 15 ans, qui, par pure jalousie, lui en faisait voir de toutes les couleurs, et décida d'honorer, pour une fois, sa remarque :
..........-Te plains pas pour une fois je suis venue de moi-même sans que tu aies besoin de me supplier !
Sa cousine, surprise par le fait que Lisa lui ait répondu, baissa les yeux et fixa sa salade d'un ½il vide. Elle l'avait remise en place, pour la première fois depuis longtemps, et son instinct lui souffla que cela risquait de n'être que le début.
Le repas se poursuivit tranquillement jusqu'au moment où la femme de son oncle lui asséna le fameux :
..........- Dis donc Lisa, je peux comprendre que tes finances soient à sec, vu ton taux d'activité, mais
..........penses-tu que cette tenue soit décente ?
..........« Et toi tu penses que ta présence dans cette maison, seulement, est décente ?? Pauvre folle ! » Lisa
..........retint à grand peine cette réplique et répondit :
..........- Hum, je n'ai pas envi de débattre maintenant et avec vous de ce qu'est censée être ou non la
..........décence. Quand je suis sur la plage, j'en ai encore moins et à ce que je sache, cela ne choque
..........personne.
Son grand père se rentra à son tour dans la conversation :
..........- Vulgaire et insolente en plus ! Tu vas arrêter ça tout de suite tu as compris ? Sinon...
Il ne put achever sa phrase car Lisa s'était déjà levée et avec un sang froid presque indécent leur annonça qu'il était préférable qu'elle parte prendre l'air.
..........- Il est inutile que je reste puisque ça sent l'encazzu* à plein nez et je n'ai pas envie de me prendre
..........la tête à la veille des résultats du bac. J'ai franchement autre chose à faire !
..........- Ah oui alors si c'est que ça, tu peux te rassurer tout de suite ! Railla sa cousine avec un sourire en
..........coin.
..........- Qu'est ce que t'insinues toi ?
..........- Je n'insinue rien, il me semble juste inutile de te prendre la tête comme tu dis, avec le bac, car il est
..........certain que tu ne l'auras pas ! Quand on a des moyens, euh, limités disons, c'est fort peu probable !
..........Maintenant c'est pas ta faute, t'y peux rien, quand on voit d'où t'es sorti, ça devient limpide ! Si t'es
..........pas capable de comprendre...
..........- Alice ! Leur grand-mère, qui s'était tenue à l'écart de tous les débats semblait là, choquée.
Pour elle, Lisa restait Lisa, peu importait son caractère, qu'elle tenait de sa mère, peu importait aussi les problèmes qu'elle avait pu rencontrer. On avait connu parcours de vie plus facile. Elle aimait Lisa d'un amour inconditionnel, presque maternel et ne supportait plus ce climat de tension qui régnait dans la maison depuis son retour de Paris. Elle aurait donné tout pour retourné au temps où il y avait uniquement Lisa, lors que celle-ci avait cinq ou six ans. L'époque où elle l'emmenait au musée, au cinéma, quand elle lui apprenait à former ses lettres. Quand, avec sa fille, la mère de Lisa, elles formaient un tandem veillant à chaque pas de la petite. Mais ce temps là était révolu. Mais elle aurait donné n'importe quoi. Tout, plutôt que d'être aujourd'hui assise à cette table, impuissante face à l'impact des propos tenus envers sa petite fille.
Mais Lisa en avait assez et sans vraiment réfléchir, enchaîna :
..........- Pourquoi, toi, t'es sortie du ventre de Marie Curie ? Ta mère, à part passer sous les bureaux , je
..........vois pas comment elle a pu s'en sortir !!
La tablée ne sut que répondre.C'était direct et sans détour.
..........- Ne t'en prend pas à ma mère ! La mienne, elle part pas des mois à des milliers de kilomètres,
..........m'envoyant dans un internat où j'y resterais même les week end !
..........- Oh oui, ça c'est vraiment une faute parentale gravissime !! J'avoue là !! C'est digne d'envoyer la
..........DASS !
..........- AVA BASTA** ! Leur grand père avait hurlé.
Lisa n'eut besoin d'aucune explications supplémentaires. Elle savait que c'était à elle de partir. Elle sortit de la salle à manger et monta en direction de sa chambre.
Elle y entra en trombe, enfila un chemisier noir, des tongs, réunit dans son sac à main portefeuille, iPod, portable, ses clefs,claqua la porte et quitta la maison en trombe.
La porte claqua. Tout le monde était sous le choc. Une fureur telle qu'ils n'en avaient jamais vu avait animé les yeux de Lisa. Depuis quand était elle comme ça ? Depuis quand ne leur avait-elle pas tenu tête ? Tout le monde connaissait la réponse. C'était en elle. La Lisa d'avant avait réapparut.
Pour le plus grand bonheur de sa grand-mère, Elisabeth.
* encazzu = engueulade
** AVA BASTA = maintenant ça suffit